Révolution pour le financement de projets : le crowdfunding

crowdfundingLe crowdfunding connaît un essor considérable grâce aux nouvelles technologies et aux relations collaboratives qui se développent via internet. Cette nouvelle possibilité de financement est révolutionnaire et elle est désormais à la portée des entreprises en France.

Le crowdfunding, nouveau sésame de la finance

Le financement participatif ou crowdfunding est une autre façon pour les entreprises ou les particuliers de récolter des fonds. De quoi financer leurs projets. Ils peuvent être artistiques, caritatifs, mais aussi entrepreneuriaux. Le recueil de fonds peut s’effectuer via Internet. Le financement prend la forme de dons, de prêts rémunérés ou non ou encore de souscription de titres. Dans la plupart des cas, c’est l’association d’un grand nombre de personnes investissant un petit montant qui permettent aux porteurs de projets de trouver les fonds demandés. Ce mode de financement est également un moyen de fédérer le plus grand un nombre de personnes autour de son projet.

Quelques exemples

L’exemple le plus évocateur d’un projet né du crowdfunding est le financement de construction de la statue de la liberté. Bien avant l’apparition des centaines de plateformes et d’acteurs dans le monde entier, le système du financement participatif était utilisé aux États-Unis pour financer des projets. La Statue de la Liberté elle-même a été construite en partie grâce au crowdfunding en 1884. Les ressources pour la construction du monument étaient insuffisantes. C’est Joseph Pulitzer, un journaliste américain d’origine hongroise, qui a utilisé le « New York Journal » pour lever les fonds permettant de construire la base de la statue de la liberté. Ainsi, plus de 100 000 citoyens américains ont été séduits par l’idée. Ils ont envoyé des petites sommes d’argent qui ont permis la récolte de plus de 100 000 dollars.

Personne n’avait alors donné un nom à cette pratique, mais il s’agissait bien là de crowdfunding.

Aujourd’hui, les fonds apportés peuvent être alloués sous 4 formes différentes :

Les plateformes de dons :

Elles aident des porteurs de projet à  réaliser des levées de fonds sur internet pour des causes charitables. Les contreparties offertes aux internautes, lorsqu’elles existent, sont symboliques.

  • Le financement avec contreparties non financières ou pré-commande : en fonction du montant des sommes versées, des contreparties en nature sont offertes aux internautes. Cela peut notamment à financer des productions en pré-commande.
  • Les plateformes de prêt : depuis le 1er octobre 2014, les banques n’ont plus le monopole du prêt. Les individus ont dorénavant aussi le droit d’octroyer des prêts en contrepartie d’intérêts.
  • Les plateformes de prise de participation : il s’agit d’un mode de financement qui consiste à entrer dans le capital de l’entreprise par un apport de fonds. Les internautes souscrivent à des actions.
  • Les plateformes de titres de créance : il s’agit pour un internaute de souscrire à des obligations émises par une entreprise en contrepartie de coupons (intérêts). A la différence du prêt, ce sont des titres financiers.

Les plateformes (ou sites) de crowdfunding :

Sur Internet, il existe beaucoup de plateformes dédiées à cette activité de financement. Elles permettent de trouver des donneurs afin de financer le projet. Chacune d’elle a ses spécificités en fonction du type de projet qui est présenté (entreprises et startups, Arts, cinéma, musique, Mode, jeux vidéo, production numérique…).

Certaines plates-formes de crowdfunding fonctionnent sur le principe du don. Ainsi, citons Kiss Kiss Bank Bank, Culture Time ou plus récemment Culture Coop adossée au Fonds de Dotation « Pour un Monde Meilleur ». Les plate-formes de dons ont permis à elles seules, de collecter 38,2 millions d’euros en 2014 dont 73 % pour la culture. (Source : http://financeparticipative.org/barometres/annee-2014/)

Pour financer la recherche, et trouver d’autres sources de financement que les entreprises qui peinent à augmenter leur engagement. Les plateformes de crowdfunding incluent davantage les citoyens.

D’autres type de plateformes

Ainsi, la plateforme DaVinciCrowd lancée en 2013. Dès septembre 2015la plateforme thellie dont la collecte de fond est dédié au financement de chercheurs. Ainsi, elle permettra présenter des projets de recherche aux entreprises, aux associations et aux particuliers.

Il existe aussi des plateformes de prêt comme Lendix, Finsquare, Credit.fr et d’autres qui permettent aux internautes d’octroyer des prêts à des entreprises jusqu’à 1.000€ par prêteur et par projet. Les prêteurs sont des individus personnes physiques.

Pour aller plus loin, il faut se tourner vers un autre type de plateformes. Celles d’equity crowdfunding, proposant aux particuliers d’investir au capital de PME. Objectif : devenir actionnaire à part entière (Wiseed).

Enfin, quatrième  possibilité : les platesformes permettant de prêter de l’argent à des PME sous forme de souscription d’obligations comme le propose la plateforme Investbook. A la différence du prêt classique, les investisseurs obligataires peuvent prêter plus de 1.000€ par personne et par projet en étant une personne physique ou morale.

Depuis leur lancement en 2008, les plateformes de financement ont permis la mise en ligne de 64500 projets. (Source : http://financeparticipative.org/barometres/annee-2014/)

Que dit la loi ?

Le statut d’intermédiaire en financement participatif a été créé par l’ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014 et le décret n° 2014-1053 du 16 septembre 2014. Le texte est entré en vigueur le 1er octobre .Ce statut permet de mettre en relation des porteurs de projets et des prêteurs ou des donateurs dans un cadre régulé.

Un label « Plate-forme de financement participatif régulée par les autorités françaises » a même été créé. Ceci afin d’informer le public que la plate-forme est bien soumise au nouveau cadre applicable à ce type d’opération. En rappelant que l’usage du label est réservé uniquement :

  • Pour le prêt aux intermédiaires en financement participatifs (IFP) qui sont contrôlés par l’ACPR et pour les titres financiers (actions, obligations) aux conseillers en investissements participatifs (CIP) qui sont contrôlés par l’AMF. IFP et CIP doivent être immatriculés à l’ORIAS (Organisme pour le registre des intermédiaires en assurance).
  • Aux prestataires de services d’investissement (PSI) dès lors qu’ils sont agréés par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACPR) pour fournir le service de conseil en investissement.

Les immatriculations sont consultables sur le site de l’ORIAS (https://www.orias.fr/web/guest/search)

Auteur : Angélique RENFER DELAGREE, community manager AlterEthic

Date de Publication : Le 09/07/2015

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